En dépit d’un coût variant de 2000 à 6000 euros l’année, près des deux tiers des étudiants de PACES passent par une prépa privée pour tenter de réussir au concours.

Un processus de sélection impitoyable qui réussi parait-il aux étudiants argentés au détriment des étudiants méritants.

En s’appuyant exclusivement sur les résultats obtenus à des épreuves au format QCM, on déplore que le système de sélection Français néglige à ce point les qualités humaines des étudiants. Car, l’essentiel de ce que l’on attend d’un médecin ne réside-t-il pas dans sa personnalité et sa capacité d’écoute ?

La réussite en PACES passe principalement par le bachotage et ferait purement et simplement l’impasse sur les aptitudes du candidat à être un bon soignant.

Seulement, la vraie question consiste à se demander : quel substitut à ce système de sélection aussi féroce qu’absurde ?

Des universités expérimentent depuis peu des solutions qui permettront, peut-être, de sélectionner plus « humainement » les candidats. A ce propos, l’exemple de la Faculté de médecine Paris 13 qui a mis en place un processus basé sur la validation d’enseignements théoriques et d’un stage pratique en milieu médico-social, est très évocateur. L’université d’Angers a elle aussi réformé la traditionnelle PACES en proposant aux étudiants une formule dite PLURIPASS, et qui permet une réorientation plus facile en cas d’échec en PACES.

En règle générale, la loi Fioraso de juillet 2013 donne aujourd’hui la possibilité aux universités d’expérimenter sur des étudiants ayant suivi un parcours adéquat, des solutions aboutissant à une admission plus tardive en études de santé, en 2e voire en 3e année.

Pour ne pas défavoriser les étudiants aux revenus modestes, les Pays-Bas utilisent, eux, un système de tirage au sort pondéré pour sélectionner les étudiants dès le lycée. Les candidats aux études médicales sont orientés vers les différentes filières de santé en fonction de leurs résultats scolaires, et tirés au sort selon les places disponibles.

En Amérique du Nord (USA et Canada), l’accès aux études médicales n’est possible qu’après avoir validé un cursus adapté, équivalant à 3 voire 4 années d’enseignement supérieures, évitant ainsi aux étudiants l’échec cuisant que connaissent les recalés du système français. Les étudiants américains et canadiens sont ensuite recrutés sur dossier pour prendre en compte des aspects personnels et humains comme la motivation, la personnalité et l’engagement associatif.

En France, plus de 25% des médecins nouvellement inscrits à l’Ordre, n’avaient pas effectué leurs études université nationale et, pour nombre d’entre eux, afin de passer outre la drastique sélection de la PACES.

Quoiqu’il en soit, à la prochaine session du concours de la PACES, près de 40000 étudiants échoueront de nouveau.